13 mars 2008
2 août 2007
Tbilissi (nous revoili !)
Nous nous réveillons de très bon matin dans le train. Le petit jour éclaire d’une lumière pâle la campagne géorgienne. Nous regardons, relativement émerveillés, le paysage défiler sous nos yeux. L’arrivée est prévue à 7h à Tbilissi. Nous voyons par la fenêtre arriver les premiers faubourgs de la ville.
Bientôt nous arrivons à la gare de Tbilissi, que nous reconnaissons.
Descente du train, que nous quittons dans la chaleur matinale (déjà !). Nous nous trompons de chemin, sortons devant des " taxi ! taxi ! taxi ! Batoumi ! " que nous refusons. Demi-tour, donc, et nous trouvons la consigne (petit bureau sans fenêtres avec des étagères où poser les sacs, avec un monsieur assez âgé à qui Rachel peut heureusement parler russe). Nous nous libérons ainsi de nos sacs et sortons de la gare.
Notre première mission est de trouver où prendre le petit déjeuner, à 7h30 du matin, ça n’est pas forcément aisé à Tbilissi. Et puis vient l’idée de génie, à savoir aller au McDo qui est le seul lieu ouvert à cette heure là, et où nous trouverons à coup sûr du café et du thé, et un peu à manger aussi. Direction Roustaveli, donc, où nous arrivons dans un McDo vide, avec un manager sur le front duquel est écrit " manager chez McDo, speak english ". Au mur, un tableau avec l’employé du mois. Quelques autres personnes viennent prendre leur petit déjeuner. Un Américain prend même un hamburger. Un petit vieux s’installe sur le banc où Ronald lui donne l’accolade.
Nous passons un petit peu de temps au McDo puis nous nous mettons en route pour notre deuxième mission, dont nous espérons qu’elle durera la journée : les souvenirs.
Nous allons près de Roustavéli, devant l’Académie des Sciences où il y a plein de vendeurs de souvenirs. Achats de chapeaux, puis direction une autre boutique, où Lolo trouver LA montre à gousset qu’il cherchait depuis un bon bout de temps. L’avenir montrera qu’elle ne durera pas longtemps… Il l’achète et se sent un autre homme.
Comme on n’est pas loin de la poste, on décide d’aller y faire un tour pour trouver des cartes postales. C’est bizarre, parce qu’on en trouve pratiquement pas, et celles que l’on voit ne sont pas terribles. Puis nous entrons dans une librairie qui en vend, et celles-ci sont assez belles. Nous en prenons donc quelques-unes.
Nous allons ensuite dans un magasin de souvenirs où Rachou achète des t-shirts pour Gabriel et Louise. Après cela, elle est enfin prête à craquer pour ses colliers, bracelets, boucles d’oreille en pierre noire sur lesquelles elle lorgne depuis le début du séjour, dans le passage souterrain de la place de la Liberté.
Nous nous mettons ensuite en quête d’une librairie qui nous a été conseillée par Martin, le Hollandais, qui logeait chez Tina et Zviad avec nous. On s’y met à plusieurs fois avant de la trouver et nous achetons l’indispensable livre de recettes géorgiennes que nous partons feuilleter chez Nikalaï autour d’un bon déjeuner. Nous restons à nouveau un bon moment chez Nikalaï avant de repartir vers l’autre quartier touristique où nous trouverons d’autres boutiques de souvenirs (pas loin de la synagogue, de l’église arménienne…). Lolo en profite pour acheter un petit truc en douce (l’anniversaire de Rachou arrive à grands pas). Après ça et vu la grande chaleur, il est temps de reboire un petit coup (en même temps c’est notre dernier jour à Tbilissi). Nous allons donc dans le resto qui nous a déjà accueillis à plusieurs reprises, pour y boire un café glacé avec de la glace. Miam miam ! Nous en profitons pour écrire nos cartes qu’il ne faudra pas oublier de poster… On reste dans cet endroit climatisé un bon bout de temps, avant de se dire qu’on pourrait quand même se balader un peu. Allez faut se remuer !

On commence par visiter la synagogue, qui est très très belle, impressionnante. Puis nous repassons devant les bains sulfureux et on se dit que la mosquée est peut-être également visitable. Nous y allons donc, et sommes accueillis pas trois pépères qui nous regardent d’un sale œil et qui tendent un foulard à Rachel. Mais la mosquée est très bien climatisée et les tapis y sont bien épais et bien frais. On reste donc un bon moment dedans, avant de partir et de remonter sur les hauteurs de Tbilissi, au pied de la forteresse où nous trouvons un banc sur lequel nous nous installons devant un panorama, qui sera le dernier du séjour. C’est peut-être parce que nous avons le coeur serré, lourd, empli de tristesse, que nous restons longtemps assis là, à contempler cette ville superbe, accueillante. Les mots nous manquent. T’en fais pas un peu trop là ? Nous sommes dans le coin des amoureux, et quelques couples s’embrassent à perdre haleine. C'est impressionnant.
Puis après avoir une dernière fois embrassé la ville du regard, nous repartons en nous retournant de temps en temps, comme si Tbilissi nous disait au revoir. Mon dieu, quel sentimental ! Il est temps d’aller boire un verre. Ah enfin ! Courageux, nous retournons au Prestige, mais oui, souvenez-vous, le vinaigre. Sauf que là nous nous partageons une bière. Faut pas prendre trop de risques ! Petit moment sympa, avant l’arrivée d’un groupe de Françaises… On n’ose plus ouvrir la bouche, de peur d’être " contactés ". Surtout quand elles parlent d’un type qui selon elles n’est pas français, parce que dans le car, il ne les a pas abordées, "alors que lorsque tu croises des compatriotes, tu te manifestes…".
Après Prestige, nous partons vers un resto dans la petite rue piétonne, où nous avions mangé le deuxième soir. Derrière nous, le tournage d’un documentaire sur cette rue (vidéo touristique en allemand). Chacun prend une salade, un verre de vin et un dessert impressionnant, banane chocolat. Des Allemands s’installent près de nous et nous les observons, ils nous observent, bref. Un moment, il faut bien partir, et nous nous dirigeons vers le métro, non sans faire un dernier arrêt à un magasin de souvenirs.
Sur le chemin nous croisons un magasin de disques, et prenons notre courage à deux mains pour y rentrer et oser y demander le disque de cette chanson de variété géorgienne qui passait à la radio tout le temps pendant notre séjour, où il y a un homme et une femme qui chantent ensemble et dont le refrain fait " nin nin nin ". Malgré tous ses efforts [et les nôtres !] notre disquaire ne parvient pas à trouver le disque que nous cherchons. Pourtant on chante pas si mal ! Nous sommes un peu déçus, car cette chanson aurait constitué un souvenir poignant [c’est le mot !] de ntore voyage.
C’est dans les éclairages colorés de la nuit chaude de Tbilissi que nous poursuivons notre route vers le métro. En chemin nous achetons deux petits drapeaux géorgiens. Pour la dernière fois, nous regardons la colonne de la Place de la Liberté, pour lui dire au revoir. Avec une certaine tristesse, nous lui tournons le dos et partons vers le métro. Il nous faut descendre une dernière fois dans le métro de Tbilissi où notre rame nous emmène à la gare.
Là nous devons d’abord aller à la consigne, récupérer nos bagages. Nous allons dans ce minuscule bureau où une petite vieille dame semble squatter avec le vieux monsieur qui tient la consigne et qui nous dit, à peine nous ayant vu : " ah ! françouski ! " et nous laisse prendre nos sacs.
Après cela, il nous faut trouver le bus 37 qui nous mènera à l’aéroport. Nous trouvons l’arrêt rapidement aidés en cela par une jeune femme. Nous attendons un certain temps, un taxi vient se poser juste devant nous et nous regarde d’un air insistant. La guerre d’usure commence et nous sommes fermement décidés à ne pas le laisser gagner. Nous prendrons le bus, point barre ! Mais le bus n’arrive pas, et le chauffeur de taxi a l’air de plus en plus triomphant. Et finalement, nous apprenons par la jeune femme qu'il n’y a pas de bus. Le chauffeur de taxi a soudain un air carnassier, car il sait qu’il a gagné et qu’il nous conduira à l’aéroport. Ok, nous sommes vaincus. Nous discutons le prix mais nous n’arrivons à avoir qu’un prix en dollar, et tout le trajet nous servira à faire la conversion. Le taxi est une vieille, très vieille Lada, en très mauvais état. Le chauffeur a la voix cassée, et lorsqu’il s’engueule au téléphone avec quelqu’un, elle tonne.
Nous n’osons pas nous regarder car la voiture quitte petit à petit Tbilissi et les larmes qui sont au bord de nos yeux risquent à tout moment de sortir. Enfin, la pluie remplace nos larmes et l’unique essuie-glace qui fonctionne s’ébranle doucement. Nous repassons devant le panneau " Georges Bush Avenue ".
Sous la pluie, nous arrivons à l’aéroport, il est environ 22h, il nous reste donc 4 heures avant d’aller nous enregistrer, et 6 heures avant de décoller. Nous buvons d’abord une eau minérale, accompagnés par la télé qui diffuse des clips de variété russe ringarde au possible, on croirait voir Didier Bourdon dans une parodie de clip des années 80.
Après, nous tentons de poster nos cartes (eh oui nous avons complètement zappé de les poster avant), ce qui, d’après la jeune femme de l’accueil de l’aéroport est très très complexe. Après nous allons chercher une place où dormir dans cet aéroport immense mais sans siège pratiquement. Nous trouvons une place où nous nous installons, sur un petit muret. Petits tours dans le duty free puis Rachel part demander à des jeunes géorgiens s’ils peuvent poster nos cartes pour nous. Je tombe sur deux jeunes sympathiques mais qui me regardent d’un air très suspect. Ils ne comprennent pas ce que je leur raconte et visiblement, poster nos cartes correspond pour eux à transiter de la cocaïne. Je vais alors trouver une bande de jeunes africains francophones qui semblent être d’ici. Ils lui expliquent qu’il faut les poster à la Poste centrale, et qu’effectivement poster du courrier en Géorgie, c’est pas simple. Mais ils acceptent quand même de prendre nos cartes pour les poster. Il se trouve qu’ils sont footballeurs dans l’équipe de Tbilissi. Marrant non ?
Après cela, Rachel va dormir un peu, moi je n'y arrive pas. Puis, après une longue période sans personne, l’aéroport commence à se remplir. Près de nous s’installent les Françaises que nous avons vues au Prestige quelques heures plus tôt ! Attention à ne pas parler français…
Puis vient l'heure de l'enregistrement. Après un parcours du combattant mené de main de maître, nous arrivons à nous enregistrer dans les premiers et enfin débarassés de nos sacs, nous allons dans l’espace d’attente. Là, après un petit passage par les duty free, nous sommes pris d’une fringale. Nous voulons aller au Burger Machin mais ils ne prennent pas la visa. Nous optons donc pour un resto-bar où nous prenons un petit sandwich en regardant à nouveau de la variété russe. Derrière nous un type sur la tête duquel est marqué " Pétrolier texan ".
Nous passons à l’embarquement, et nous installons dans l’avion qui paraît très très rempli. Nous "prions" pour qu’il n’y ait personne à côté de nous. Et pendant un temps qui nous semble interminable, nous voyons les gens entrer et ne pas s’installer à côté de nous. Beaucoup de musiciens dans l’avion, qui semblent se connaître tous. Il y a des va et vient permanents, les gens s’installent les uns à côté des autres, puis vont autre part. Et nous, toujours pas de voisins pour le moment. Ça dure, ça dure, et nous n’aurons finalement pas de voisin du tout. Cool !
Le trajet en avion se passe très bien. Rachel arrive à dormir par séquences, moi pas du tout.
Nous arrivons à Paris, prenons nos bagages et passons tous les contrôles où des policiers se montrent très désagréables avec les Géorgiens. Nous allons chercher quelques croissants tout en faisant attention à ne pas rater notre car Air France qui doit nous ramener vers Paris, avant que nous ne prenions le train pour la Rochelle. Nous apprenons au passage que Michel serrault est mort, que la libération des infirmières bulgares crée une polémique. On est vraiment déconnectés !
Nous voilà dans le car qui fonce vers Paris. Devant nous, deux jeunes Américains qui font un petit voyage en amoureux. Leurs mines sont déçues comme nous traversons la Seine Saint Denis : " c’est ça Paris ? ".
Mais rapidement leurs visages s’illuminent alors qu’apparaît le Sacré Cœur, la Tour Eiffel, l’Arc de triomphe. Un beau voyage commence pour eux, le nôtre se termine.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=328948&pid=8309760
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :





















