Voyage en Géorgie

Un journal de bord écrit par Laurent, des commentaires de Rachel et des photos de notre voyage en Géorgie à l'été 2007

10 octobre 2007

25 juillet 2007

Telavi (Tel Aviv ? Non ! Telavi)
Nous faisons la connaissance rapide de Tina ce matin-là. Visiblement sortant du lit… Douche rapide mais efficace, en sortant de celle-ci, je tombe sur deux personnes qui semblent visiblement attendre pour voir la chambre. Rachel demande à Tina si nous pouvons rester trois nuits en rentrant de Telavi. C’est OK et comme ça nous savons où dormir à Tbilissi. [Une des principales préoccupations de Lolo avec celle de savoir où manger…] C’est plutôt rassurant. [Qu’est-ce que je disais ?] Au moment où nous partons, nous apprenons que nous gardons notre chambre et que nous pouvons laisser un sac dedans. Ça nous facilite bien la vie.
Nous prenons la direction du petit déjeuner Snickers habituel (bon finalement ce matin-là ce sera deux Mars), puis nous partons par le métro, direction la gare routière de Samgori d’où partent les marshroutkas pour Telavi. Naturellement nous nous perdons un peu pour trouver notre départ et naturellement il suffit de demander, on nous indique tout de suite. Par contre, les minibus Mercédès climatisés indiqués dans les guides, on les attend encore… Au moment où nous arrivons, un marshroutka part pour Telavi, mais elle est pleine. Il nous faut donc attendre la suivante. Elle ne se fait pas trop désirer : un chauffeur change d’emplacement pour partir vers Telavi, provoquant une petite altercation sur le parking, certains lui reprochant de s’être mis là trop vite, sans prendre d’avis (du moins c’est ce que nous comprenons).
Enfin, toujours est-il que nous nous y installons, à nos places arrières habituelles et attendons. Plusieurs personnes s’installent, dont un monsieur avec sa fille, un couple de bons Géorgiens, et les gens s’impatientent, trouvant que le chauffeur [qui ressemble d’après Lolo à Olivier Mazerolles] tarde à démarrer. A côté de nous une grand-mère avec son petit fils. Après avoir acheté nos billets, nous partons enfin pour Telavi. La route est un peu moins longue que pour Kazbegui et sensiblement en meilleur état. [Le paysage est plat. Des champs de tournesol ou de vignes parent la route. Ça ressemble un peu aux paysages français.]

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Nous arrivons à Telavi et là des taxis se jettent sur nous pour nous proposer le voyage pour Tbilissi. Mais on en vient ! Notre première mission est de trouver un café ou un resto pour manger un bout et boire un coup, ce qui nous permettra d’aviser sur la marche à suivre pour le logement. [Bouffe, dodo, bouffe, dodo…]
Telavi semble être, pour le quartier dans lequel nous sommes arrivés, un immense marché, bazar, avec des boutiques dans tous les sens et pourtant pas de café. Parfois nous avisons une boutique, pensant que c’en est un, mais pas du tout ! Enfin, nous trouvons une petite cafétéria dans laquelle nous mangeons vraiment bien, et pour pas cher du tout.
Ici, Rachel (encore elle) demande le chemin pour un premier logement que nous avions sélectionné. Celui-ci se trouve visiblement à 2 kilomètres ( !) mais nous n’osons pas nous dédire. On traverse donc la route, marchons un peu mais rapidement renonçons et demandons à une dame le chemin pour une autre guesthouse. Cette dame, très gentiment, prend son temps et se déplace même pour nous montrer où la guesthouse se situe.

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Nous trouvons sans encombres suivant ses indications et nous tombons sur une immense maison dans un jardin un peu laissé à l’abandon, [ce devait être très joli auparavant : une piscine abandonnée, des pieds de vignes qui grimpent sur la façade et une maison bourgeoise qui devait avoir beaucoup de charmes avant d’être négligée], accueillis par une jeune fille à l’anglais impeccable qui nous installe dans notre chambre et nous dit que sa mère va monter pour les prix. Une chambre un peu massive aux murs bleu ciel avec une bibliothèque dans laquelle tous les livres sont en russe.

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Après un peu de détente, arrive la maîtresse de maison. Elle se présente, nous également. « Vous venez d’Israël », dit-elle d’un ton assuré. Ben non. Puis elle nous explique la formule.
Il faut imaginer une femme grande et filiforme, habillés dans une longue robe noire, les cheveux gris cendre, les yeux de la même couleur, le teint très pâle, le type très russe, qui habite dans une grande maison, seule. Voilà un peu le genre de personnage auquel nous sommes confrontés. Nous engageons la discussion, pour connaître le prix. Elle nous apprend qu’il y a d’autres Français dans la chambre voisine.
- C’est 50 laris avec le petit déjeuner. Est-ce que vous voulez le dîner ? Il y a d’autres Français avec qui vous pourrez parler.
Oh, je sais pas trop… [Pitié non ! Pas un dîner avec d’autres Français qui vont forcément frimer avec des endroits que nous n’avons pas vu, qui nous feront part de leurs préjugés sur la Géorgie qui est miséreuse, les Géorgiens qui sont fainéants, la bouffe qui est trop grasse…]
- Comment ça ? Vous ne voulez pas vous retrouver avec les autres Français ? [Sur un ton assez agressif] Ce soir, je fais du bortsch.
- On va peut-être se laisser tenter…
- Puis il y aura des champignons avec soit des pommes de terre, soit du riz. Vous préférez quoi ?
- Comme ça vous arrange.
- Non dites, dites.
- Bon, du riz alors.
- Comment ça, vous n’aimez pas les pommes de terre ? [Sur un ton encore une fois agressif]
- …
- Pour deux nuits ?
- Non, juste une seule.
- Comment ça, vous ne voulez pas visiter la région ? [Sur un ton de plus en plus agressif. C’est quoi son problème ? Elle commence à franchement m’énerver. Bon je ne dis rien. Je risque encore de foutre la honte à Lolo…]
Le tout en anglais. Bon, Ok, Ok, c’est bon on accepte, on tente de la payer en cassant un de nos billets mais elle refuse. [Il faut savoir qu’à chaque fois que nous retirions de l’argent, on se retrouvait avec de gros billets qui fallait absolument casser pour pouvoir acheter des trucs. La plupart des commerçants n’acceptant la plupart du temps que des petites coupures]. On la paiera donc plus tard. Pour l’instant, après une petit douche, en route pour un tour de la ville.

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Tout d’abord nous allons à la poste pour acheter des timbres. Une dame aux cheveux gris en chignon nous accueille dans une poste qui fait vraiment très vieillotte. Grâce à son boulier, elle nous vend des timbres pour la France qui nous coûtent une petite fortune. Cet achat nous permet d’avoir un peu de monnaie mais pas suffisamment. Nous trouvons la solution dans la banque d’à côté qui nous fait de la monnaie sans problème. Puis nous allons boire un petit coup avant d’aller faire un tour dans la forteresse qui abrite aussi le musée de Telavi. Petite promenade bien sympathique. Durant notre visite, nous voyons quatre Allemands qui semblent être des collègues de travail, qui visitent eux aussi le musée. Il n’y a qu’eux et nous.
Après cela, nous buvons un petit verre sur une terrasse où nous voyons diverses personnes s’acheter des glaces, dont un grand-père qui en achète une pour son petit-fils, puis pour lui finalement. Après cette pause, nous allons au marché, mission pince à cheveux. [Oui, j’ai juste besoin d’une pince à cheveux…] Le marché ne vend que des produits alimentaires [Enfin il y a aussi des vendeurs de sacs en plastique] mais c’est un plaisir de le découvrir. Nous trouvons la pince à cheveux dans un magasin proche, puis nous nous dirigeons vers la guesthouse.

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Pris d’une impulsion soudaine, nous nous arrêtons à une terrasse pour (re)boire un coup, puis décidant qu’il est un peu temps d’aller se reposer, nous retournons vers la guesthouse pour s’offrir une sieste bien méritée (c’est fou comme nous méritons nos siestes.)

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C’est là, durant cette sieste, que nous entendons les voix (bien plus âgées que les nôtres) des deux Français qui partagent la guesthouse avec nous. Ils n’ont pas l’air franchement heureux d’être là. Ils râlent et parlent fort. C’est donc empli d’une certaine terreur de la rencontre que nous nous apprêtons à aller bientôt dîner.

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Mais le temps passe et passe, et toujours pas trace du dîner. On a du attendre dix minutes au grand maximum mais bon, pour Lolo, c’est pas évident…
Nous nous décidons à descendre pour voir un peu ce qu’il se passe et il nous semble entendre les Français dîner. Nous sommes soulagés qu’ils ne nous aient pas attendu pour manger…Nous remontons dans notre chambre, pour nous calfeutrer avec une seule frayeur : que notre hôtesse vienne nous nous voir et nous dise : « Et ben alors on vous attend pour manger ! ».
Au lieu de ça, elle frappe à notre porte et nous indique que le dîner est servi, sur la terrasse, et nous sommes seuls. Bon par contre, elle nous explique d’un air désolé que l’un des français a perdu son père, l’a appris aujourd’hui et qu’il doit rentrer d’urgence en France. C’est donc très dommage, mais nous ne pourrons pas manger avec eux.
Nous savourons notre fameux repas qui est vraiment très sympa en plus d’être très bon. Au menu : salade concombre et tomates, bortsch, champignons à l’estragon, riz, pastèques (Svetia avait oublié les aubergines marinées qui se pointèrent le lendemain matin au petit déjeuner…). Avec le dîner nous est servie une carafe de vin rosé qui passe vraiment bien. Pour moi, il était rouge (clair mais rouge). Nous sommes seuls, heureux, d’une humeur de plus en plus bonne…

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C’est à ce moment-là qu’arrive un couple d’Autrichiens qui ne trouve rien de mieux à faire que de s’installer tranquilles, pépères avec nous. Ils fêtent leur quarante ans de voyages, et patati patata, on a fait ci, on a fait ça, et ci et ça, et après s’engage une discussion plus ou moins politique. [Lolo, en pleine forme, se lance dans des discours très profonds dans lesquels le vocabulaire anglais est la moindre de ses préoccupations. Inhabitually et autres mots incongrus deviennent de plus en plus fréquents à mesure que les verres se remplissent…]
Pour les décrire : l’homme a les dents en avant [et c’est peu de le dire], une casquette mal mise, des lunettes double foyer, un collier de barbe, et un sens de l’humour que même Lolo trouve douteux. La femme a les cheveux mi-longs, un peu filasse, un peu frisés, l’air très fatigué par ses quarante ans de voyages, et une jupe longue mais transparente. Au moment où la discussion chavire vers « le problème des banlieues françaises », nous décidons qu’il est temps d’aller se coucher et prenons congé.

Bonne nuit les Autrichiens ! Bonne nuit Lolo, bonne nuit Rachou.

Album photos

Posté par lolo1878 à 12:58 - Journal - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

hehe... on sait de qui il tient ces 2 préoccupations !

Posté par anne, 14 octobre 2007 à 09:43

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